Observatoire des Rythmes et des Temps de vie des Enfants et des Jeunes

Et si la cause première de la baisse des résultats des élèves français était celle des rythmes scolaires ?

Même s’il n’existe pas de recette unique, les spécialistes de PISA mettent en avant deux facteurs essentiels, à savoir le temps passé devant les écrans et une moindre implication des parents dans le travail scolaire. Mais la qualité de la formation des enseignants, les pratiques pédagogiques, la confiance accordée aux équipes, le climat scolaire sont autant de critères déterminants, sans oublier les rythmes.

PISA analyse les résultats des élèves de 15 ans qui sont donc entrés en cours préparatoire en 2015. La réforme des rythmes battait alors son plein et bien que la loi sur la refondation de l’école de 2013 préconisait la semaine de 9 demi-journées, de nombreuses communes sont restées à la semaine de 4 jours, ce qui a amené Benoit Hamon à assouplir la mesure et à Jean-Michel Blanquer à signer un décret qui, tout en réaffirmant que la semaine doit se composer de 9 demi-journées, autorisait les communes à solliciter une dérogation. La France est donc le seul pays à avoir des écoles qui fonctionnent à peu près partout, sur 24 heures d’enseignement réparties dans des semaines de 4 jours.

De plus, alors que les heures annuelles d’enseignement obligatoire sont supérieures aux moyennes des pays de l’OCDE (864 heures à l’école primaire contre 805 heures, 968 heures au collège contre 916 heures en moyenne), elle est aussi le pays qui compte le plus de jours de vacances intermédiaires (8 semaines).

Les études menées depuis de très nombreuses années par nos chercheurs de l’ORTEJ (Observatoire des Rythmes et des Temps de vie des Enfants et des Jeunes) ont permis de dénoncer ces absurdités dans l’organisation de notre système scolaire. Ils conduisent l’ORTEJ à défendre le maintien de cinq matinées hebdomadaires d’apprentissage et à recommander une alternance plus réfléchie entre les temps d’enseignement, de réinvestissement, d’activité et de repos. Ce que rappelle  l’ORTEJ, c’est que le temps scolaire n’est pas une simple question d’organisation, c’est une condition de l’égalité et de la réussite. Et tous les travaux de psychologie démontrent, depuis un siècle, que les apprentissages, pour être efficaces, doivent s’inscrire dans la durée. 

Force est de constater que ce sont les intérêts des adultes qui ont toujours primé sur ceux des enfants. Et il est à craindre que les mesures prises récemment ainsi que  la demande faite par le ministre de l’EN de faire lire les enfants pendant les vacances ne changeront pas beaucoup les performances de nos élèves.