Par Yvan TOUITOU – Unité de chronobiologie, Fondation Ophtalmologique A.-de-Rothschild, 25, rue Manin, 75019 Paris, France
L’exposition prolongée aux écrans chez les adolescents, souvent supérieure à quatre heures par jour hors école, représente un enjeu de santé publique. Elle coïncide avec une période de maturation cérébrale sensible aux récompenses sociales, favorisant des usages intensifs. Les données épidémiologiques montrent une association avec des symptômes anxio-dépressifs, baisse de l’estime de soi et cyberharcèlement. Les mécanismes de récompense (notifications, défilement) peuvent encourager des comportements compulsifs. L’usage nocturne perturbe le sommeil en retardant l’endormissement et en réduisant sa qualité, ce qui affecte ensuite les émotions, l’attention et les performances scolaires. Des effets physiques sont également observés (sédentarité, surpoids, troubles musculo-squelettiques, fatigue visuelle). Cependant, les écrans ont aussi des bénéfices sociaux et éducatifs. L’enjeu est donc d’identifier les usages à risque. La prévention repose sur l’éducation aux médias, la limitation des écrans la nuit, l’accompagnement parental et le repérage précoce des fragilités psychiques.